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Et le soir vient, effaçant petit à petit les jeux des enfants. C’est enfin Burano fantôme, quand les lampadaires
blafards éclairent à peine
l’eau noire du canal. Un dernier restaurant tardif peine à fermer
sur une fondamenta déserte seulement habitée par
le clapot des bateaux qui s’endorment. Quelques groupes encore,
qui impriment à peine une image fugace sur les murs, comme si
leur transparence les fondaient définitivement dans un paysage à la
Toffoli. La lumière est verte, teinte les quais. Dans le ciel un campanile de guingois troue l’obscurité de sa flèche orange. C’est la nuit. Burano s’endort. Les façades deviennent cadavres de couleur, et s’enfoncent doucement dans les eaux tièdes des rii. |
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Texte & photos: JF Macaigne
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