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Magie
de Noël à Amsterdam
Dans
la cité du nord, où le mariage de l’eau et
des hommes est célébré à longueur d’année,
Noël est magique. C’est normal, à Amsterdam, la magie
fait partie du décor. Mais plus peut-être qu’à une
autre période de l’année, ici, on prend soin que
vous retrouviez d’urgence une âme et des yeux d’enfant.
A Noël, les enfants fêtent un enfant, le plus célèbre
d’entre tous. Alors il faut que les yeux s’allument, s’émerveillent,
s’écarquillent. Les lumières se font diamants, les
fantômes dans les vitrines apparaissent de temps en temps, comme
pour venir voir ce qui se passe dans notre monde à nous.
Ces vitrines
des boutiques d’Amsterdam, on les connaît. Cependant à aucun
autre moment elle ne sont autant magiques, à aucun moment elle
ne ressemblent autant à celles des boutiques dans les contes que
nos grand-mères nous chuchotaient le soir, avant que nous partions
une fois encore vers le pays où tout est possible. On voit apparaître
les objets qui faisaient battre nos cœurs : lunettes astronomiques,
vieilles mappemondes, horloges bizarres, ours de peluche animés,
boules à neige géantes, bonhommes de neige, lustres étincelants,
machines compliquées, aéroplanes qui volent au plafond.
Trop. C’est - presque - trop. Mais c’est tellement bon…
 
La journée
La
journée est joyeuse, comme à l’habitude. Dans
les rues, les pères noël de carton-pâte disputent l’espace
aux lutins, aux trolls, aux nains de tout poils. Les rennes marchent
sur les toits, la musique aigrelette des orgues de barbarie et des orphéons
envahit les pavés où les vélos s’ébattent comme
des chevaux dans un grand pré, libres et sûrs de leur puissance.
Les chiens sautent dans des cerceaux de couleur, guidés par une
maîtresse en jupe de cravates, les vélos s’ornent
d’animaux bizarres, de branches de sapin et d’étoiles
rouges de papier, les mannequins dans les boutiques n’en peuvent
plus de séduire… La routine, quoi.
 Lorsque
vient le soir 
Puis,
le jour baisse, les lumières se font plus présentes,
les rennes deviennent d’un coup hilares, les pères noël
goguenards haranguent les foules depuis les balcons, on chante dans les
rues des christmas carols, les canaux se font onctueux. Au détour
d’un pont, un homme orchestre en bateau pousse ses complaintes
joyeuses et joue de la trompinette, un arbre joue les stars et se mire
dans l’eau noire. C’est la nuit. La nuit de Noël qu’annoncent
les autres nuits. Celles d’avant. D’Avent. Les courses sont
faites, les cadeaux bien au chaud sous le sapin, dehors il fait froid,
et c’est bon d’être dedans, au chaud avec des rêves
plein la tête. C’est Noël. Embrassons nous. Amsterdam
s’endort. La coquine.
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