Paris.
Gare du Nord. 9h25.
Nous
arrivons dans la Gare du Nord au moment où notre Thalys
vient se positionner doucement le long de son quai réservé,
comme un grand tube rouge, puissant et racé. Sur le quai,
la douane veille…
Un
grand contrôleur, barbu et souriant, consulte nos billets, et nous grimpons à bord.
Ambiance feutrée, un peu comme dans un avion de luxe. Un petit salon à l’extrémité
du wagon, où six sièges se font face, et un couloir où nos
pas s’enfoncent dans une moquette aux couleurs du train, rouge
et grise. Nous prenons possession de nos fauteuils, et plaçons
sans problème nos deux grands sacs de voyage dans le rack situé au-dessus,
d’une largeur inhabituelle. Une majorité d’hommes
d’affaires prennent place, et sortent immédiatement leurs
dossiers et ordinateurs portables. Pour nous, Thalys est synonyme de
vacances, mais en semaine, l’Europe se construit tous les jours,
et arriver en plein centre des grandes capitales, c’est un gain
de temps appréciable…Les tablettes de sièges sont
format XXL, et permettent quelques largesses !
Nous entamons la lecture des journaux proposés à l’entrée
du wagon, et quelques minutes plus tard, le train bouge doucement. C’est
le départ, il est 9h55.
 10h00.
Une hôtesse vient nous proposer un petit-déjeuner. Elle
nous sert avec dextérité, d’autant plus que le train,
lancé à pleine vitesse, remue passablement. Choix de gâteaux,
tartelettes aux prunes, cheese cake, fruits, et bien sûr thé
ou café. J’imagine qu’elle a dû subir un entraînement
dans les simulateurs de la NASA, car son équilibre est vraiment
impressionnant.
Aujourd’hui, pas de « people », mais si vous faites
le voyage, ouvrez l’œil : Les Spice Girls, Johnny Halliday,
Patrick Bruel, Axelle Red ou encore Morane font partie des habitués
de la ligne.
10h45.
Nous entrons en gare de Bruxelles. Quelques minutes d’arrêt,
qui permettent de changer d’équipe. Celle-ci nous emmènera
jusqu’à Amsterdam.
Petite astuce appréciable : Un taxi peut vous attendre à
Bruxelles (comme à Paris) si vous le souhaitez. Thalys offre en
effet la possibilité de commander à bord un taxi qui vous
attend à votre arrivée en gare.
Le
paysage belge n’est pas d’une gaîté folle
: usines, complexes industriels, et nous continuons nos lectures.
Les annonces sont maintenant en quatre langues : français,
anglais, allemand et flamand. Elles n’en finissent pas…Les
portables se manifestent à travers le wagon, et nous profitons
d’une collection étonnante de sonneries européennes,
certaines totalement inconnues en France !
11h30.
Anvers ! Les yeux des passagères prennent
un éclat particulier à l’audition de ce nom magique,
synonyme de diamantaires.
Le train repart, et nous entrons bientôt
en Hollande, par la gare de Roosendal. Il est midi. Les tags colorés
qui « décorent
» les wagons de la gare de marchandises démontrent, une
fois de plus, que nous sommes maintenant dans un pays hautement créatif,
où les vocations artistiques s’expriment avec intensité…
Nous
déjeunons. Les couverts sont en métal argenté,
s’il vous plait, et le vin est australien. Le palais français
doit s’habituer. Un subtil mélange de Cabernet et de
Shiraz, qui donne un goût proche du vin américain, très
fruité et un peu doux.
Les premiers canaux apparaissent. Pour le moment, pas de tulipes
ni de moulins à vent, mais beaucoup d’autoroutes et de camions,
que nous dépassons allègrement.
Nous traversons le delta du Rhin par un grand pont au dessus du «
Holland Diep » La largeur du fleuve est impressionnante, et je
songe aux tableaux flamands montrant des bateaux pris dans la tempête
dans ce même delta…
Nous
longeons l’autoroute, et même si ce n’est plus
la grande vitesse qu’entre Paris et Bruxelles, nous dépassons
allègrement tous les camions et voitures, en toute sécurité.
Dordrecht. Les petits jardins néerlandais renferment des soins
attentifs et amoureux. Ici, c’est le culte de l’espace vert.
Pelouses tondues ras, fleurs, arbustes, tout un mini-paysage en quelques
mètres carrés. Un art de vivre.
Dans les champs verts apparaissent les premières serres et les
premiers canaux d’irrigation, propres et nets. Vergers, petits
ponts de bois, barrières gentiment ordonnées, on se croirait
dans un décor pour train électrique.
12h35.
Nous sommes à Rotterdam. Quelques minutes d’arrêt
pour le plus grand port industriel d’Europe, et ville natale d’Erasme,
symbole des échanges entre étudiants européens,
et nous repartons. A peine le temps de finir le café, et nous
sommes à La Haye (Den Haag). Il est 12h55.
Dans
les champs qui passent le long de la vitre apparaissent quelques
moulins, grands oiseaux déplumés qui bornent la plaine.
De petites
écluses de bois rythment les canaux, et les premiers champs de
fleurs font leur apparition. Ce sont de véritables tapis jaunes,
roses, bleus lavande ou rouge vif, qui tracent de longues lignes droites.
Sur les berges des canaux, de petits troupeaux de moutons et leurs agneaux
nous regardent passer, l’air surpris. Le paysage est totalement
plat, si l’on excepte les bordures des champs, et, ça et
là, se dressent des éoliennes qui paraissent immenses,
brassant l’air de leurs longues pales blanches.
13h19
Nous
arrivons à Schiphol (prononcer Sripol), l’aéroport
d’Amsterdam. La ville ressemble à une sorte de petite
Venise industrielle, avec ses immeubles de verre et de briques ocres.
Nous embarquons quelques voyageurs qui vont faire la différence
de confort (…), et repartons à travers les faubourgs
d’Amsterdam. Les bouches d’égouts ressemblent à des
souches d’arbres coupés à ras.
Voici
Amsterdam Central, dont les plafonds font quelquefois penser à
des palais mauresques. Il est 13h36. Nous avons donc mis un peu plus
de quatre heures pour atteindre le nord de la Hollande, en plein centre
ville. Bientôt, Thalys mettra 3 heures !
La Hollande nous tend les bras. Nous allons la visiter…
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