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A
la différence de la chanson de Prévert et Kosma, c’est
sur Belfort qu’il pleuvait sans cesse ce week-end du 15 mai 2005.
Pas tout à fait, d’ailleurs : le dimanche après-midi
a été, somme toute, assez ensoleillé, sur ce FIMU
2005, 19ème édition. Un Festival International
de Musique Universitaire qui accueillait près de 2300 musiciens
d’environ 40 pays différents. Une bonne occasion de se remplir
les oreilles d’excellente musique de toute facture : classique,
actuelle, rock, jazz, nouvelle, traditionnelle, etc… Une bonne occasion
aussi de (re)découvrir Belfort, qui a beaucoup changé depuis
ces vingt dernières années.
Tout
se passait en Vieille Ville, sous le regard attendri du Lion, en salle
ou sous chapiteaux, et aussi à l’abri de ce merveilleux petit
kiosque de la Place d’Armes. C’est dire qu’on ne savait
plus où donner des oreilles, tant les concerts étaient variés
et nombreux, entre 14 heures et minuit, du samedi au lundi. Des concerts
gratuits, je précise !
Bien
sûr, on ne pouvait pas tout entendre, tout voir, alors il a fallu
choisir…
Nos pas nous ont d’abord emmenés dans une petite salle de
la Chambre de Commerce, dans laquelle se produisait Caina Cavalcante,
jeune Brésilien de 15 ans, à l’air étonné
et ravi d’être là, qui enchaîne ses interprétations
de morceaux des Beatles, de Brassens, et de Stan Getz – entre autres
– sur une guitare 12 cordes au son magnifique. Dans la salle, de
tout jeunes enfants esquissent quelques pas de danse dans les travées,
très excités d’être au « concert »
avec les grands. Ce jeune homme est un virtuose. Si jamais il ne réussit
pas dans ses études – n’oublions pas que tous ces artistes
sont des étudiants – sa voie est toute tracée…
Il
termine sur une série de bossas, les applaudissements crépitent,
nous sortons sous la pluie, et nous nous retrouvons d’un coup en
quelques mètres devant le chapiteau de la Place d’Armes.
Là se termine le concert rythmé des Tomback, qui viennent
de Quito, en Equateur – un bon bout de chemin – pour enflammer
l’assistance sur des percussions étourdissantes.
Nous dégustons ensuite quelques délicieuses flammekueches
juste à côté, rue de la Porte de France, et nous nous
précipitons Place de l’Etuve, charmante avec sa petite fontaine
et ses vieilles maisons peintes, pour écouter « The Original
Snakeboy », artiste du dobro etde la slide guitar, qui joue le blues
du Delta (comprenez celui du Mississipi) et chante avec l’accent
traînant des mélopées des bayous. C’est magique.
Tous le monde s’échange les « bons concerts »
pour demain dimanche, et rentre se coucher, sous la pluie fine.
Le lendemain, surprise : le ciel apparaît plus clément. Nous
en profitons pour monter à la citadelle, voir le Lion de plus près.
Sous les voûtes des galeries du château, une dizaine d’étudiants,
pour tester l’acoustique, chantent des chœurs de musique sacrée.
Nous dégustons. Ils repartent. Nous nous croisons, mais vingt mètres
plus loin, autre voûte, autre test acoustique… Ce château
est envouté.
En
descendant vers la Vieille Ville, un petit crochet par la Place de l’Etuve
nous permet d’assister aux premiers morceaux d’une jeune fille
de Manchester, Becky Higgs, seule en scène avec sa guitare et une
voix claire comme une rivière de montagne. Un sourire ravageur
et des yeux pétillants, elle chante l’Amour comme les oiseaux
volent : naturellement.
En début d’après-midi, La
Bande de Harpes, de jeunes élèves du Conservatoire André
Navarra, à Charenton, se produisent dans la cathédrale Saint-Christophe.
Dix harpes, dont deux celtiques, emplissent le chœur et les travées
de leur son clair. Un avant-goût du Paradis ? Une pause différente,
certainement. Un moment un peu hors du temps, au sein des pierres roses
de la Cathédrale.
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Nous
sommes accueillis en sortant par une Panthère Rose sortie
des trombones d’En Coulisse, sous le kiosque de la Place de
la République. Sympa et très aguichante, la Panthère,
mais nous poussons nos pas jusqu’au chapiteau réservé
au Jazz, derrière la Mairie, où une bande de Danois
endiablés, « Fusion-Energy », sont lancés
dans une version très débridée de « Take
Five », de Dave Brubeck. Nous prenons nous aussi le temps
de savourer le Jazz venu du Nord, avant de poursuivre vers d’autres
sons. Quelle journée !
Le son puissant du rock de L-Dopa nous attire irrésistiblement
vers la scène de l’Arsenal, au milieu d’une foule
hétéroclite de punks à cheveux multicolores
et casquettes à clous, de parents bien sages qui n’ont
pas oublié leurs vingt ans, et de jeunes de tous cheveux
(poils ?) qui partagent les ébats du chanteur, le violoniste
à la Dave Arbus, et l’accompagnement violent des autres
membres du groupe. La L-Dopa est une molécule qui sert à
lutter contre la maladie de Parkinson. La musique du groupe tendrait
plutôt au contraire, mais, honnêtement, je n’avais
pas ressenti une telle vigueur musicale depuis longtemps.
Histoire de se reposer un peu les oreilles, nous avons traversé
la Vieille Ville de part en part, et, pas de raison de ne pas se
faire plaisir de temps en temps, nous avons écouté
le concert des 63 musiciens de l’Orchestre d’Harmonie
de Valdoie, au Centre Atria. Costumes bleus et chemises blanches,
les régionaux de l’étape ont déroulé
le grand écran des compositions pour grand orchestre. Il
n’y avait plus qu’à fermer les yeux pour être
au milieu du film… |
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Après
le dîner, le swing du Djivilli Quintet, sous le kiosque, régale
l’assistance. Django et Grappelli n’étaient pas loin…
Pendant « Ménilmontant », j’entends derrière
moi quelqu’un remarquer: « ça régale les oreilles…
». Et au moment où le groupe attaque une version personnelle
de « Nuages », un avion qui passe, très haut, dessine
une traînée rose dans le bleu clair du ciel crépusculaire.
Pierre-André Roussotte, le guitariste rythmique, fête aujourd’hui
une année de plus, et l’assistance chante pour lui «
Joyeux anniversaire ». Leur jazz coule comme de l’eau fraîche,
et Saint-Germain-des-Prés se jumelle avec Belfort.
Petite
grimpette digestive ensuite pour arriver sous les pattes arrière
du Lion, et grand moment de bonheur pendant le concert de Papyros’n,
de Strasbourg, qui enchaîne mélodies tziganes et gigues irlandaises
avec le plus grand bonheur.
Le
violon magique et les yeux noirs de la jeune Claire, un peu surprise de
tant de succès, fait claquer des mains et des pieds à tout
le monde, et – nous étions déjà debout –
l’ovation de la fin du concert est là pour en témoigner.
Il est déjà minuit passé, et les jambes ont un net
besoin de se reposer. Nous rentrons donc, les yeux dans les étoiles,
et la tête peuplée de musiques au pluriel.
Les vieilles tours de Vauban se reposent . Les lumières s’éteignent
les unes après les autres derrière les volets peints des
maisons multicolores de la cité du Lion. Tout va bien. A l’année
prochaine…
JFM
Ne pas manquer
à Belfort :
La Vieille Ville
et ses boutiques d’antiquaires et de décoration d’intérieur,
Un tour au château,
tout en haut, où l’on a le plus beau panorama sur la région,
Une balade sur
les bords de la Savoureuse, avec ses belles maisons centenaires,
…et une visite à l’épicerie
Perello, Place d’Armes, où tous les produits du monde se
donnent rendez-vous.
Hôtels (notre sélection) :
Grand Hôtel du Tonneau d’Or : idéalement
placé, luxueux et calme, en vieille ville, 1, rue Reiset (+33 (0)3
84 58 57 56)
Saint-Christophe : charmant, en vieille ville, Place
d’Armes, (+33 (0)3.84 55 88 88)
Les Capucins : Faubourg de Montbéliard (+33 (
Restaurants (notre sélection) :
• Le Pot au Feu (comme son nom l’indique
– succulent – mais aussi beaucoup d’autres choses) 27
bis, Grande Rue.
• Le Molière (Traditionnel – l’une
des meilleures tables locales) 6, Place de l'Etuve
• Boeuf Carottes (viandes & traditionnel) 14,
Rue Lecourbe - Place d'Armes
• Flammekuech (Tartes flambées) 3, Rue du
Repos
• Brussel's Café (plutôt bistro, mais
aussi salades & viandes – le troquet rendez-vous de Belfort)
3, Place d'Armes
…et bien sûr, pour tout renseignement complémentaire
sur Belfort et ses environs, consultez
le site de l'Office de Tourisme
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