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![]() Nous
continuons paresseusement notre route, et passons devant Laredorte, où
quelques péniches sont amarrées à proximité
d’un restaurant à la treille fournie. Juste après un
grand virage apparaît le pont-canal de l’Argent-Double, où
le chemin de halage passe sur onze arches de pierre. Tout de suite après,
nous « survolons » l’Argent-Double », petit affluent
de l’Aude.Nous arrivons à Homps, l’un des hauts lieux de la batellerie et du transport du vin par le Canal. D’ailleurs, un petit musée est dédié à cette activité sur le quai (où l’on peut acheter les crus locaux). Nouvelle escale, nous ne voulons pas perdre une miette de ce voyage fantastique, et nous nous accordons une heure. Pas plus ! Retour
au bateau, pour le dernier tronçon, à effectuer avant l’heure
de fermeture des écluses. A l’écluse de Homps, nous
attendons 35 minutes qu’un gros bateau mené par un couple d’anglais
arrive à franchir l’obstacle. Nous sommes descendus, et nous
observons les manœuvres quelque peu désordonnées et violentes
de l’engin, qui heurte les autres bateaux présents. Je demande
au « capitaine » s’il a besoin d’aide et si c’est
la première fois qu’il pratique… « Pas exactement
» me répond-il un peu énervé. Finalement, c’est
son jeune fils à la barre qui sort de l’écluse, à
plein régime, sous les yeux abasourdis de tous, en créant
de grosses vagues qui chahutent les coques. Heureusement, ce type de comportement est très rare, et fait sourire tous ceux qui naviguent sur les eaux calmes des canaux. ![]() Nous
arrivons à Argens juste à temps, et venons sagement nous ranger
au port de la base Locaboat,
entre deux pénichettes « Flying Bridge », somptueuses
avec leur poste de pilotage sur le pont supérieur et leurs cabines
en bois vernis.Petite visite du village – nous avons le temps, maintenant – où une vieille bastide remaniée au XIVème siècle, après sa prise par Simon de Montfort, s’accroche à la pente de la butte. Le village est blotti autour de la vieille église, au milieu des vignes, et d’en haut, on peut apercevoir l’Aude qui serpente mollement dans la vallée. Nous parcourons les quelques ruelles aux maisons éclairées par le couchant d’une lumière dorée paisible, puis nous rentrons à bord faire un brin de ménage et préparer nos valises pour le lendemain. L’ambiance est mélancolique, du genre « fin de vacances »… ![]() C’est
un spectacle étonnant que celui du retour : on entend une bonne demi-douzaine
de langues différentes, on rebranche les portables, les voitures
reprennent la route de la rentrée, la vie reprend.Sabine m’a confié l’histoire de ce vieux couple, dont l’époux est dans une chaise roulante. Pour rien au monde ils ne manqueraient, chaque année, quelques jours sur une pénichette. Ils connaissent le Canal mieux que quiconque, pourraient en remontrer à bien des marins et font preuve d’une fidélité sans faille. A tel point qu’il y a quelques années, sans nouvelles ni réservation de leur part, toute l’équipe s’est inquiétée. Un empêchement de dernière minute leur avait fait « sauter » leurs vacances favorites. C’est comme ça, la « famille » des plaisanciers d’eau douce. Unie, et attentive… |
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Texte
& photos JF Macaigne |