L’hélice
tourne doucement. Nous avançons quasiment sans bruit sur un
miroir vert bordé de platanes centenaires. Seuls, le son du
sillage et le léger clapotis sur l’herbe tendre de la
berge nous bercent dans cette après-midi de fin d’été.
Les canards s’écartent au passage de la proue, puis
nous font un brin de conduite en quête d’un croûton
de pain bienfaiteur… Nous sommes à bord de « Saint-Sernin
», une Pénichette® 1260R de Locaboat,
qui se conduit sans permis, avec deux doigts. Façon de parler,
car il faut néanmoins être attentif, et tenir la barre
en acier chromé.
A bord, un confort 5 étoiles : 3,85m de largeur, et une étrave
à la hollandaise qui fend l’eau avec la douceur d’une
jeune fille.
Nous sommes 6 : 4 adultes et deux enfants déjà
grands qui ont leur propre cabine (chacun son lit – superposés
-, c’est plus rigolo), des lavabos dans chacune, deux douches,
et un carré où personne ne se gène. Tout est en
bois, et les petits rideaux orange, vert et bleu pastel ajoutent la
petite note de gaîté à notre univers flottant.
Tout a commencé avant-hier :
nous avons réceptionné notre bateau à la base Locaboat
de Négra (une trentaine de kilomètres au sud de Toulouse),
première halte de « la Barque des Postes » qui reliait
Toulouse à Agde au XIXème siècle, et, une fois
effectuées les formalités, nous sommes
partis direction Toulouse, histoire de ne pas manquer une
visite de la « ville rose » chantée par Nougaro.
Une brève étape :Les
écluses nous attendent nombreuses sur le chemin d’Argens,
près de Narbonne, but de notre voyage.
Toulouse est belle, chaude, chaleureuse (mise à part peut-être
l’accueil de la responsable du Port Fluvial, qui nous a proprement
« éjectés »), et les ruelles de la vieille
ville sont peuplées de vieux murs, témoins de jadis. Plus
qu’un long discours, voyez
les photos. Elles parlent d’elles-mêmes…C’est
une après-midi au soleil, un moment de tourisme au pas du promeneur,
entre les murs à colombages, les balcons fleuris et les visites
obligées à la cathédrale St-Etienne et la basilique
St-Sernin, saint patron de notre embarcation, et fondateur du Christianisme
à Toulouse.
Nous sommes revenus au bateau à
la nuit tombée, Après un dîner en vieille ville,
à l’abri des murs anciens de la rue du Taur, et une promenade
par les rues qui ramènent au canal, nous avons repris possession
de notre péniche, amarrée le long d’une berge tranquille.