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 Au
carrefour, une maison désormais célèbre abrite la
Pharmacie du Passocéan,
où le jeune potard Alphonse
Allais, future tête de file des « Fumistes », essayait
dans une pièce minuscule au-dessus de la demeure familiale ses
nombreuses et inoubliables inventions destinées à améliorer
le sort de l’humanité. Citons pour mémoire (entre
autres) le coton noir pour les personnes en deuil, l’amidon bleu
blanc rouge pour rigidifier les drapeaux les jours sans vent, la tasse
avec anse à gauche pour gaucher, les boulettes de bismuth et de
miel de Narbonne pour constiper les mouches, le timbre-poste pharmaceutique
et la clysopompe à hydropathe pour rendre impure l’eau potable.
Cet homme admirable ne voyant pas le succès couronner ses travaux,
il se tourna vers la littérature (un demi-tour ?) et nous livra
les chefs d’œuvre que l’on connaît. Et si on ne
les connaît pas, on est prié de les lire.
Quoiqu’il en soit, la pièce minuscule est aujourd’hui
un musée (minuscule) fantastique que vous pourrez, si vous êtes
sage, visiter en demandant en bas. Vous pouvez aussi aller sur le site
vous faire une idée, mais comme chacun sait, un bon pèlerinage
vaut mieux que toutes les prières (d’insérer).
Au
coquin et néanmoins fort civil Jean-Yves Loriot, préparateur
et guide du musée, dont il est aussi le conservateur, s’est
adjoint un autre préparateur (en chocolat, celui-là), François
Mignon de Les Marianik’s,
dont les chocolats font la joie des palais des connaisseurs depuis 1981.
Les Marianik’s a préparé « la Vache Allais »,
camembert de Honfleur, dont la boite (qui ne contient pas assez de chocolats),
présente une création originale et succulente : un chocolat
blanc garni de pâte d’amande parfumé à l’anis.
Un délice ! Vous les trouverez rue du Dauphin, un peu plus haut
à droite, après l’Eglise Sainte Catherine
 Sainte
Catherine, à elle seule, vaut le voyage. Pénétrez,
recueillez-vous, et admirez le travail des charpentiers de marine sur
la voûte. Elle est la plus grande église en bois avec clocher
séparé de France. Les piliers en bois de chêne ont
été coupés dans la forêt de Touques, en pays
d’Auge. En 1460, lors de sa reconstruction, une seule nef emmenait
les fidèles. Mais l’église fut agrandie en 1496 :
on supprima les bas-côtés, et une seconde nef apparut, bordée
de fenêtres hautes à remplages flamboyants. Le clocher, de
la même époque, fut construit sur la maison du sonneur, face
à l’église.
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