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Le Delta du Pô
 JF
Macaigne

 
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La sortie de Chioggia s’effectue par le chenal devant la base, puis il faut faire le tour de la ville en contournant le port et en respectant la priorité des vaporetti qui relient Chioggia à Pelestrina. Vous couperiez la route à un autobus, vous ? Après le port et ses voiliers, barre à gauche en approchant de ce cargo échoué et rouillé qui fait penser à un Karaboudjan en fin de vie.
Nous longeons ensuite les quais, puis après un virage à droite suivi d’un autre à gauche, nous prenons le cap du grand pont routier. Un gros kilomètre plus loin, c’est la première écluse de ce trajet : Brondolo. Une énorme porte guillotine, et voici la Brenta ! La vraie, celle qui va se jeter dans l’Adriatique quelques kilomètres plus loin. Au carrefour qui se présente, il faut prendre le canale di Valle, mais comme ce n’est pas écrit dessus, il faut choisir l’embranchement qui se trouve en face, légèrement sur la droite. Il y a quelques cabin-cruisers amarrés là, mais pas autant qu’à la marina voisine, où tout Chioggia plaisance semble s’être donné rendez-vous. En quelques centaines de mètres, c’est un paysage de roseaux auxquels le climat semble réussir, vu la taille. De loin en loin, quelques taches de couleur criardes : des maisons dont le peintre devait tenir un stand de glaces dans une vie passée. Il y en a pour tous les goûts : pistache, framboise, mandarine, chocolat, vanille, etc… A part ces rappels à la gastronomie locale, pas grand-chose à regarder, exceptés quelques moutons frileux noirs et blancs qui se serrent les uns contre les autres.
Voici bientôt Cavanella d’Adige, une nouvelle écluse (0039 3299720397) qui ferme le fleuve Adige. Il coule depuis les Alpes, passe à Bolzano, Trente, Vérone – la ville de Roméo et Juliette - , et arrive ici après plus de 400 km. Il n’a l’air de rien, mais c’est le second plus long fleuve d’Italie après le Pô. En le traversant, vous sentirez sous la coque le courant qui l’agite, sous ses eaux en apparence calmes. De l’autre côté une autre écluse, et voilà le canale Brondolo, aussi appelé Pô Brondolo. En ce qui nous concerne, depuis le départ, nous n’avons pas croisé qui que ce soit, et l’eau que nous fendons est lisse comme une chemise de marié.
C’est une longue ligne droite que nous descendons, et autour, le paysage est plat comme en Hollande. Il n’y a plus qu’à se laisser emmener, bercés par le ronronnement discret de Portosecco,  la Pénichette® 1020FB (sans permis), réglée comme une horloge par Paolo et ses mécaniciens, à Chioggia.
Tout au bout de ce long canal rectiligne arrivent, énormes, les portes de l’écluse de Volta Grimana (0039 3299720397). De l’autre côté, c’est le seigneur Pô, roi des fleuves italiens. On attendrait presque la musique lorsque les portes s’ouvrent, mais non. A peine quelques échos sonores des masses métalliques en mouvement. Derrière, les eaux brunes filent vite, en charriant nombre de débris d’arbres, troncs, branches, qu’il va falloir éviter. Au moins en descendant, on va dans le même sens. La largeur est assez ahurissante : à vue de nez 300m. Autant préciser que nous restons sagement sur le bord gauche, à la recherche de l’entrée de la marina de Porto Viro, où nous coucherons ce soir. On ne la distingue pas immédiatement, perdue dans la végétation, à environ 200m du grand pont de Porto Viro. Pour se repérer, facile : visez le haut château d’eau blanc dont l’escalier court autour de son socle. L’entrée est pile en face. Seuls deux poteaux de bois de chaque côté d’un petit chenal, cloués d’unepancarte « Ingresso al Centro turistico nautico*  » montrent la voie. Une centaine de mètres et on y est. Aujourd’hui, en début de saison, la marina est quasiment vide. Pas tout à fait : un héron cendré fait office de concierge, et nous considère avec des yeux ronds. Quelques vedettes, et un certain nombre de petits house-boats loués et équipés pour des pêcheurs. Ici, on attrape des silures de belle taille, des carpes, des perches, et le concept remporte un franc succès chez nos amis d’Europe de l’Est. Nous entrons dans le domaine du Parc Régional du Delta du Pô, un endroit privilégié pour tous ceux qui aiment la nature, les oiseaux, mais pas seulement, comme nous allons le voir…
Porto Viro, où nous faisons les courses ce soir (supermarché Billa, au bord d’un petit canal), n’offre pas un intérêt touristique majeur. Une belle église du 18e, San Bartholomeo Apostolo, flanquée d’un campanile rose, quelques beaux bâtiments anciens, et des couleurs sur les murs quelquefois un tantinet criardes, mais jamais de mauvais goût. C’est sur la place Matteotti, face à San Bartholomeo, que vous trouverez les bureaux du Parc du Delta du Pô. Ils vous fourniront tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Parc.


*Entrée du Centre nautique touristique

 

 
   
Texte & photos : © JF Macaigne