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Le Delta du Pô
 JF
Macaigne

 
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Le dessin de la coque de la Pénichette 1020FB lui permet d’être classée en 5ème catégorie, c’est à dire apte à une navigation « au cours de laquelle le navire ne s'éloigne pas de plus de 5 milles d'un abri ». Notre réservoir d’eau est plein, nous pouvons donc rallier Porto Garibaldi par la mer, à 3 heures d’ici, mais cela ne nous empêche pas de scruter le ciel très attentivement, de consulter le bulletin météo de la capitainerie, et d’étudier au bout de la digue l’état de la mer avant de rejouer Ulysse. Vu d’ici, cela n’a pas l’air pire que l’étang de Thau. Il y a bien le ciel, un peu chargé, mais la météo affirme qu’il devrait virer au beau d’ici la fin de la matinée. Alors…
Nous partons un peu avant 10 heures et demi. On n’est pas loin de la fin de la matinée, non ?
Ça tangue un peu, au début, mais on s’habitue très vite, et on prend même goût à prendre la vague à 45°, de façon à ce qu’elle ne chahute pas trop le bateau, quitte à rallonger un peu le parcours. A 11h, le bleu apparaît franchement dans le ciel, et nous remercions chaleureusement le météorologue qui connaît si bien son métier. Pour une fois…
Nous longeons une plage de sable pendant un moment, puis traversons une grande baie - le « Sac » de Scardovari – en direction du phare blanc qui se dresse à l’horizon. C’est le Faro del Bacucco, qui marque l’entrée du Pô di Goro, encore un autre bras de ce fleuve tentaculaire. Nous l’atteignons après une heure de route, depuis Porto Barricata. La mer est calme, très peu de vagues, et le soleil commence à donner, à tel point que nous sortons les crèmes solaires. Sur l’eau et avec le vent, il en faut peu. La seconde partie du trajet marin s’annonce agréable. Elle durera 2 heures. L’usage d’une boussole est conseillé, car elle simplifie énormément les choses en cas de brume par exemple. Cap au 250…
Les plages que nous laissons sur notre droite sont magnifiques et totalement désertes, mais très à l’abandon, et jonchées de grosses branches, de troncs d’arbres, et de détritus divers. Sur les photos des prospectus que nous avons glanés ici ou là, elles sont pourtant propres et douces, et peuplées de parasols. Ce doit être la fin d’hiver…
Nous continuons à cheminer notre bonhomme de chemin, sans avoir vraiment l’impression d’avancer, vers la côte et la ville qui se dessine tout là-bas, dans les jumelles. C’est Lido delle Nazioni, une petite ville balnéaire. Lorsque nous ne sommes plus trop loin de la plage, nous obliquons vers la gauche en longeant la côte. C’est indispensable, car l’horizon se remplit bientôt d’innombrables bouées. Elles marquent l’emplacement des parcs à moules. Nous avons un peu l’impression de naviguer à côté d’un champ de mines… de fait, ne vous aventurez pas à l’intérieur : non seulement vous risquez d’accrocher quelque chose, mais en plus, vous vous retrouveriez dans un labyrinthe inextricable dont vous auriez toutes les peines du monde à sortir sans être du coin. Les bouées s’étendent à perte de vue, et il est très difficile de trouver les chenaux qui permettent de sortir de ce dédale.
Les villes balnéaires se succèdent : Lido di Pomposa, Lido degli Sacchi, et bientôt Porto Garibaldi, reconnaissable à une haute tour hérissée d’antennes.

 
   
Texte & photos : © JF Macaigne