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Le Delta du Pô
 JF
Macaigne

 
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Pour prendre le bus depuis Comacchio, c’est finalement simple et assez agréable, notamment en raison de la gentillesse des conducteurs et des passagers. Descendez la via Spina, en haut du talus surplombant la Darse, et cherchez l’arrêt du bus. Ce dernier doit se diriger vers la droite, c’est-à-dire sortir de Comacchio. Pour environ 5€, vous serez à Ferrare en une heure et quart. Attention aux horaires de retour (voir sur place) et prenez votre billet de retour avant de partir.
Le bus nous dépose viale Cavour devant un buste de Giuseppe Garibaldi, à deux pas du château, une solide forteresse de 1385, construit par le duc Niccolo II pour se protéger des révoltes populaires. Il se visite, et faire le tour de ses merveilles serait trop long : cuisines, prisons, et même les cellules où furent enfermés les amants malheureux Ugo et Parisina d’Este chantés par Byron, la Loggia, la Terrasse des orangers, les fresques de la salle de l’Aurore, le Salon, et la Saletta dei Giochi entre autres. L’extérieur est formidable et impressionnant, avec ses hautes tours carrées garnies de mâchicoulis, et ses ponts surplombant les douves. C’est à l’intérieur que vous trouverez l’Office du Tourisme, où des sourires accompagnent les brochures et les conseils…
A quelques mètres du château se trouve le splendide Théâtre Communal – à l’italienne, bien sûr -, construit fin 18e, dont l’élégance blanche et or évoque les fastes d’antan. En continuant le Corso Martini della Liberta, on passe devant l’ancien palais ducal, flanqué d’une statue menaçante de Savonarole, né à Ferrare, mais qui exerça ses prêches « enflammés » à Florence. De chaque côté de l’entrée du palais se trouvent deux statues : à droite le marquis Niccolo III, à cheval, et à gauche le duc Borso, fils du précédent, sur son trône. Passé le porche, on donne sur l’ancienne Cour Ducale, dont le joyau est sans conteste l’escalier d’honneur construit en 1481. A l’intérieur, ne manquez pas le cabinet de la Duchesse, aux merveilleuses décorations.
Face au palais se trouve la cathédrale. Erigée en 1135, et ornée de marbre vers la fin du 13e, elle fourmille de détails architecturaux et sculpturaux magnifiques. Sur la façade recouverte de marbre fin 13e, s’avance un « prothyron », sorte de petite chapelle en relief, de toute beauté. Dans le tympan, un Christ en gloire sur le thème du Jugement dernier, et dans la Loggia, une très fine statue de la Vierge, le tout fortement influencé par le style français de l’époque, ce qui est unique dans l’Italie médiévale.
Sur le côté gauche du bâtiment s’ouvre un porche. Franchissez le et retrouvez Il Brindisi, réputée pour être la plus vieille taverne du monde : 1435 ! Copernic vécut dans une des petites chambres du premier étage lorsqu’il étudiait à Ferrare. L’endroit se nommait alors l’Hostaria del Chiuchiolino.
Sur le côté droit se trouve une double rangée de loges, dont la partie inférieure abrite de nombreuses boutiques : c’est la Loggia dei Merciai. Sur la droite de la place, on aperçoit une église, San Romano, et un merveilleux petit cloître très romantique. C’est là que se situe le musée de la cathédrale, où sont conservées des œuvres non exposées dans la cathédrale, des toiles sublimes de Cosmè Tura, une série de tapisseries retraçant la légende de Saint Georges, et aussi des panneaux de la célèbre Porte des Mois, du 13e siècle, aujourd’hui détruite.
Un peu plus loin par la rue San Romano, on atteint la via delle Volte, autrefois la rue la plus commerçante de la ville, aujourd’hui l’une des artères les plus visitées. Les arches qui surplombent la rue reliaient les demeures des marchands (côté sud) aux entrepôts (côté nord). Ici comme un peu partout en ville, on retrouve ce que nous avions déjà rencontré à Comacchio : les galets qui pavent les rues. Ils n’ont cependant pas l’air de beaucoup gêner les cyclistes de Ferrare, qui s’honore d’être une cité particulièrement accueillante pour ce mode de locomotion (89,5% des habitants en possèdent). Nous avons déniché via delle Volte un petit restaurant agréable, délicieux et abordable nommé Antica Osteria delle Volte. Que cela reste entre nous…
La visite de la ville ne s’arrête pas là. Il faut aller du côté de la ville Renaissance, face au château. Par le Corso Ercole I d’Este, on atteint rapidement le palais des Diamants, ainsi nommé en raison des murs revêtus d’un décor de 8500 petites pyramides taillées comme des diamants. Ce chef d’œuvre de l’architecte Biagio Rosetti abrite la Pinacothèque Nationale, dans laquelle on peut admirer des œuvres de Bellini, de Cosmè Tura, du Garofalo, de Carpaccio, et du Greco, entre autres. Plus loin, on dépasse la faculté de droit, puis on arrive, par la via Borso d’Este, à la Chartreuse de St Christophe (1461), transformée au début 19e en un cimetière monumental. Les jardins sont propices à la rêverie et le calme des allées contraste avec l’agitation de la ville toute proche. Il reste encore quantité de choses à voir, en commençant par la Piazza Ariostea, où se déroule tous les ans fin mai depuis 1259 la fameuse course à cheval le Palio di San Giorgio, les plafonds somptueux de l’église Santa Maria in Vado, les décors baroques du Palazzo di Renata di Francia, et, plus loin, de l’autre côté du Pô di Volano, le magique Palazzo Costabili, autant pour son décor et ses trompe-l’œil que pour le musée archéologique qu’il abrite.

 
   
Texte & photos : © JF Macaigne