Exoti.com (Accueil)
sp sp sp sp sp sp sp
Reportages Sommaire Reservez News Coups_de_cœur contact sp

Le Delta du Pô
 JF
Macaigne

 
Toutes les vignettes de la page donnent accès au diaporama de ce reportage
 
 

Avant de partir, nous avons téléphoné à l’écluse de Volta Grimana  (0039 3299720397) en leur indiquant que nous serions là 3/4h plus tard, et… nous y sommes ! Elle ne tarde d’ailleurs pas à s’ouvrir. Les portes sont décidément énormes, et comme nous sommes seuls à l’intérieur, un léger sentiment de petitesse nous envahit.
Quelques centaines de mètres plus loin, le Pô di Levante nous tend le bras, si je peux m’exprimer ainsi, et nous partons à la rencontre d’autres paysages du Delta.
Ils ne tardent pas à arriver. D’abord, le fleuve s’élargit, puis sur notre gauche commencent des lagunes. En se hissant sur le toit, on les voit… tout petits : des flamants roses ! Avec les jumelles, c’est nettement mieux. Le bateau navigue au ralenti, et nous sommes tous les trois en train de nous extasier sur ces volatiles dont la préoccupation première est de chercher dans la vase la fameuse Artemia salina qui les fait rosir, ainsi qu’on nous l’a expliqué à Comacchio. Il n’empêche ! Avec ce ciel rosé, ces couleurs douces qui font ressembler le paysage à une peinture romantique, nous nous sentons heureux. Nous aimerions bien les voir de plus près, mais hélas, pas un seul endroit pour s’arrêter sur la rive gauche. Nous partons à la recherche d’un ponton.
Il n’y en a pas. Ou alors, trop loin, à Porto Levante, le dernier village avant la mer. Alors, à tour de rôle, nous grimpons sur le toit pour observer les étranges échassiers avec leur gros bec enflé, et chemin faisant, nous arrivons à Porto Levante et à la fin de ce bras de Pô. C’est un tout petit bourg, avec des dizaines de bateaux, probablement plus que d’habitants dans le village. A gauche, il n’y a plus de flamants depuis un moment, et devant, la mer Adriatique attend les aventureux. Nous rebroussons chemin et passons la nuit à la halte nautique un peu plus loin. Demain, grasse matinée, et retour au port. Chioggia, s’entend.

Sur le chemin emprunté à l’aller, des dizaines de pêcheurs se sont donnés rendez-vous. Leur petit flotteur fluo est le plus souvent au milieu de l’eau, mais ils le retirent lorsque nous arrivons, avec un sourire et un bonjour. Il faut dire que nous zigzaguons aussi pas mal pour éviter les bouchons. Depuis que nous sommes ici, pas une fois nous n’avons été traités de noms d’oiseaux. Ça change.
Dans le port de Chioggia, rien n’a changé. Pourtant cela fait au moins trois siècles que nous sommes partis. Nous sommes arrivés en longeant les chalutiers à toute petite vitesse, en essayant de repousser le plus possible le moment où nous couperions les gaz, amarrés au quai.
Le soir, après avoir préparé nos valises pour un lendemain hâtif, nous sommes allés faire un tour au bout du pont, regarder Sottomarina se coucher. Puis nous avons dit bonsoir aux mouettes, et nous avons fermé les portes de nos cabines sur les grands espaces bleus bordés de roseaux…

 
   
Texte & photos : © JF Macaigne