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Un tour en Frise
 JF Macaigne

 
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Le Sneekermeer vers Grou et les marais d’Alde Feanen est véritablement surchargé de bateaux, dans les deux sens. On se croirait un peu à l’heure des rentrées le dimanche soir. Nous nous insérons dans le mouvement, et suivons les autres. Ils sont petits, gros, en bois, en plastique, en ferraille, à voile, à moteur, et ils sont tous sur l’eau parce que c’est dimanche, et que le dimanche, on navigue, pour changer de la semaine… Il y a même une péniche-église. Trop tard pour la messe, c’était à 10h. J’espère qu’il y a un bateau boulangerie pas trop loin pour acheter le gâteau du déjeuner dominical. C’est l’occasion de croiser quelques skûtsjes magnifiques, toutes voiles dehors, qui naviguent à la même vitesse que les canots à moteur.
Nous arrivons à Grou à midi et demi, juste à temps pour se mettre à table dehors, sous un soleil éclatant. Nous nous sommes amarrés au ponton de la marina sous l’œil anxieux du voisin, angoissé que l’on puisse heurter son cabin-cruiser immaculé. L’homme a remonté trois fois tous ses pare-battages d’un centimètre, on ne sait jamais, pendant que madame changeait les plats du déjeuner. Puis il s’est mis à astiquer doucement ses chromes, et épousseter les gouttes d’eau qui salissaient ses vitres et ses superstructures, tout en nous jetant des regards noirs. Lorsque son épouse est partie en ville, il n’a pas osé quitter son bateau, de peur que celui-ci s’envole, ou que nous décampions subrepticement en effleurant ses boudins. Pas de chance, nous avons suivi madame vers les rues de la petite ville.
Grou est charmante, proprette et fleurie, et l’on sent bien que l’activité est orientée plaisance. Maquettes aux fenêtres, shipchandlers dans les rues, et boutiques de mode où les pulls rayés le disputent aux cirés blancs ou rouges et aux pantalons en toile à voile. Tout cela est bien plaisant et a un petit air qui oscille entre le village breton et le mews anglais. Chic, mais sans ostentation.
Nous sommes repartis dans l’après-midi, sans nous presser, à travers la campagne frisonne. De grands champs verts bordés de roseaux et traversés de petits canaux rectilignes, où l’on aperçoit parfois un moulin-à-vent dans le lointain, et où paissent des dizaines et des dizaines de chevaux. Des tableaux vivants. Soudain, deux ouettes d’Egypte, aux yeux cerclés de roux, passent devant l’étrave et atterrissent dans le pré à côté. Nous réalisons alors que l’herbe est constellée d’oies. Elles cohabitent avec les chevaux et sont venus nicher dans ces pâturages à l’herbe grasse et haute où elles sont tranquilles. C’est un spectacle impressionnant qui doit tourner à l’apothéose le jour du grand départ.

 
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Ce reportage nous a été possible grâce à Thalys et à LeBoat. Merci à eux pour leur gentillesse et leur sérieux.
Texte & photos : © JF Macaigne

Cet article est paru dans le magazine FLUVIAL n°224, en août 2012.
Vous pouvez l'obtenir en cliquant ici