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Un tour en Frise
 JF Macaigne

 
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Cap sur l’Ijsselmeer
Ces nuits hollandaises n’étant décidemment pas propices à la gymnastique des paupières, nous ouvrons l’œil… très tard ! Nous ne sommes pas les seuls, heureusement, ce qui atténue notre sentiment de culpabilité. Nous quittons cet endroit de paix et l’adorable remorqueur venu s’amarrer derrière nous (décidément, les remorqueurs sont en vogue par ici) et mettons cap plein sud, vers la mer. Ou presque : vers l’Ijsselmeer, le plus grand des lacs hollandais, fermé au nord par la célèbre Houtribdijk, la digue de 30 km qui relie les deux parties les plus septentrionales des Pays-bas, et qui sépare l’eau douce des eaux saumâtres de la mer des Wadden.
Avant, c’est une succession de lacs qui s’étirent en longueur comme des élastiques malades, où nous croisons dans une semi-brume quelques monstres comme le Prisa, de 110m de long, qui transporte des containers vers le nord. Sa cabine se surélève et ressemble à un E.T. rectangulaire. A côté de lui, les autres barges font petites. Le voilier qui nous suit qui s’écarte prudemment. Nous sommes sur le lac Koevordermeer, traversé par le Prinses Margriet Kanaal que nous connaissons déjà.
Il pleut. Un temps gris, maussade, et très humide. Un temps que Jacques Brel aurait pu chanter un jour de déprime. Nous ne cessons pas de faire des allers-retours entre le poste de pilotage supérieur et celui du carré. Béni soit celui qui a inventé l’éponge ! De temps à autre, un moment de répit. La pluie s’arrête et l’horizon recule immédiatement. Il faut dire que c’est tellement plat par ici qu’on verrait un peuplier à dix kilomètres. Alors, on sort, car dedans, la buée joue les stars, mais pas moyen d’ouvrir une fenêtre sans sortir les serpillières.
A ce petit jeu, le temps passe vite, et comme les distances sont finalement assez courtes, nous sommes rapidement à Lemmer, au moment précis où la pluie s’arrête. C’est un petit port de pêche, où les plaisanciers ont élu domicile. Des centaines de bateaux, en majorité des voiliers, attendent que leurs propriétaires veuillent bien les bouger un peu. Je n’ose pas imaginer ce qui se passerait si tout le monde sortait en même temps… Le premier pont-levis est gratuit. Le second se rattrape : 5€ pour entrer dans le centre ville. Prudemment, nous en restons là et continuons à pied. La petite ville s’étire en longueur autour du chenal qui sert de port interne. Comme d’habitude, les maisons rivalisent de pignons de fenêtres ouvragées et de jolis toits, dont les ardoises encore humides luisent sous le soleil revenu. Dans le clocher de l’église, les 18 cloches s’en donnent à cœur joie toutes les demi-heures, et, sur les quais, les terrasses des restaurants du centre ville en profitent. Nous aussi, d’ailleurs. Au bout du chenal, une écluse, et derrière, l’Ijsselmeer. Autant dire le bout du monde. Nous n’en voyons pas grand-chose, mais c’est l’intention qui compte, alors nous rebroussons chemin. Le coucher de soleil promet, et nous commençons à prendre goût aux soirées solitaires en pleine campagne…

 
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Ce reportage nous a été possible grâce à Thalys et à LeBoat. Merci à eux pour leur gentillesse et leur sérieux.
Texte & photos : © JF Macaigne

Cet article est paru dans le magazine FLUVIAL n°224, en août 2012.
Vous pouvez l'obtenir en cliquant ici