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La MARNE
De Paris à Meaux

 Jean-François Macaigne

Sortie de Paris - La Marne des canotiers - Lagny - Meaux 1 - Meaux 2 - Musée de la Grande Guerre
 
Toutes les vignettes de la page donnent accès au diaporama de ce reportage
 
 


LE MYSTÈRE DE L'ÉPÉE DE JEANNE D'ARC
La petite cité s’est construite au VIIe siècle autour d’un monastère mérovingien : l’abbaye de Saint-Pierre. Il n’en reste rien, du moins de cette époque, car il fut rebâti de 990 à 1018. L’abbaye St Pierre fut à l’origine au XIe de l’une des quatre plus grandes foires de Champagne. En 1127, la Vierge sauva la ville du mal des ardents, dû à l’ergot de seigle. L’église abbatiale dédia donc la chapelle absidiale à Notre-Dame des Ardents, et lorsqu’en mars 1430 Jeanne d’Arc vient prier ici sur son chemin vers Compiègne et sa capture, elle opére ici un miracle en ressuscitant un enfant mort-né. La légende de Jeanne continue avec l’épée Fierbois – avec laquelle Charles Martel avait repoussé les Sarrazins – qui serait paraît-il cachée, brisée, quelque part dans l’église…
L’Hôtel de ville est installé dans les bâtiments de l’ancien cloître de l’abbaye, devenu hôpital militaire au XIXe. On voit d’ailleurs l’inscription au-dessus du portail d’entrée. Une autre inscription tire l’œil. C’est celle, révolutionnaire, sur l’ancienne porte fortifiée de l’abbaye : « Unité Indivisible de la République Liberté Égalité Fraternité ou la Mort ». Elle fut peinte ici en 1793, pour la fête de « l'Unité et de l'Indivisibilité de la République ».
Sur la place de la Fontaine, dans le centre historique, la fontaine Saint-Fursy distribue l’eau d’une source miraculeusement apparue sous le bâton du saint, bâtisseur de la toute première abbaye. Derrière elle, une grande maison présente cinq pignons : il s’agit d’une ancienne halle du XIIe qui servait aux marchands hollandais d’Ypres lorsqu’ils venaient pour la Foire, au moyen-âge.
Les rues de Lagny sont peuplées de maisons Art Nouveau et de jolies maisons XIXe, dont les marquises en fer forgé rivalisent d’élégance. Sur le quai du port, la maison des bains douches rappellent à ceux qui l’auraient oublié qu’il n’y a pas si longtemps, tout le monde n’avait pas ces commodités chez soi. Les couleurs ont un peu passé, mais les souvenirs ont la vie dure. Sur l’eau, une colonie de plus d’une trentaine de cygnes occupent le terrain, devant un très bel embarcadère new look, irrésistible de nuit. Le ponton est accueillant, avec l’eau et des bornes électriques, que l’Office du Tourisme, au coin du pont, attribue pour 4€ par jour.
Avant de partir, prenez soin d’emmener une petite bouteille de cet incroyable vinaigre de Lagny, balsamique, à la framboise ou même au fruit de la passion. C’est une spécialité de la ville depuis le milieu du 19e siècle !
A quelques encablures, dans un champ avant d’arriver au tunnel de Chalifert, des sculptures bizarres tirent l’œil depuis la rivière. Il s’agit du jardin de la Dhuys, un endroit étrange où le sculpteur Jacques Servières a transformé les pierres de l’ancien aqueduc de la Dhuys, bombardé en 1939, en animaux et personnages fantasmagoriques. Ils tiennent le milieu entre statues aztèques, animaux fantastiques et moaïs de l’île de Pâques. Le lieu est particulièrement propice à la rêverie, notamment au crépuscule, ou alors à la fête de la musique du mois de juin, où Servières et ses amis font le bœuf jusque tard…

 
   
Texte & photos : © Jean-François Macaigne